Sortie

Un sommet arrondi en raquettes : le bulletin d'avalanche avant tout

Un sommet aux formes douces, huit à dix kilomètres hors balisage : comment lire le bulletin d'estimation du risque d'avalanche, pourquoi le trio détecteur, pelle et sonde ne vaut qu'avec une formation, la liste pesée pour 1 à 6 personnes, la journée type et les raisons de faire demi-tour.

DuréeÀ la journée
SaisonHiver
Altitude1300 à 2000 m
DifficultéMoyenne
Par jour8 à 10 km · 650 m D+
Marche5 h par jour
Groupe1 à 6 pers.
Nuit attendue—
Mon sac (0)

Préparer la sortie

Le bulletin d'estimation du risque d'avalanche, la veille
Météo-France publie, massif par massif, le bulletin d'estimation du risque d'avalanche (BRA), « valable en dehors des pistes balisées et ouvertes ». Il s'appuie sur une échelle européenne de 1 (faible) à 5 (très fort) ; il n'existe pas de niveau 0. Lisez le texte et pas seulement le chiffre : il décrit les altitudes et les expositions concernées, et dit si le vent a déplacé la neige. Le bulletin estime un risque à l'échelle d'un massif ; il ne remplace pas l'observation du terrain.
Choisir l'itinéraire en conséquence
Un sommet arrondi n'est pas un sommet sans danger : la croupe est douce, mais les pentes qui y mènent, et celles qui la dominent, peuvent partir. L'ANENA met en avant le seuil de 30° d'inclinaison, que l'on repère sur la carte avant de partir ; si le bulletin est élevé, on change de sortie sans discuter, et on garde toujours un point de demi-tour (lire le bulletin, pas à pas).
Le trio détecteur, pelle, sonde
Hors balisage, en terrain où une avalanche est possible, le Club alpin et l'ANENA jugent indispensable le trio détecteur de victimes d'avalanche (DVA), pelle et sonde, avec une formation. Le matériel ne protège de rien : il sert à retrouver une personne ensevelie, et seulement si tout le groupe est équipé, entraîné et s'est contrôlé au départ (choisir un DVA).
Se former, ou se faire accompagner
Un stage d'initiation neige et avalanches (niveau 1 au Club alpin, sessions raquettes à l'ANENA, formations d'un guide de haute montagne ou d'un accompagnateur en montagne) apprend à lire le terrain, à rechercher et à dégager. Tant qu'on n'a pas cette formation, on reste sur itinéraire balisé ou on se fait accompagner : aucune page de site ne remplace ce stage.
Le sac, l'horaire, le message
Calculez l'heure du coucher du soleil avec le calculateur du soleil, fixez à l'avance une heure de demi-tour, prévenez un proche de l'itinéraire et de l'heure de retour. Le matin, le contrôle du détecteur se fait au parking, avant de chausser.

La liste à cocher, pesée

Cochez ce que vous emportez : les quantités et les poids se recalculent selon le nombre de personnes. Le matériel commun (tente, réchaud, trousse) est compté une fois pour le groupe.

Personnes
2
de 1 à 6

Sac et portage2,3 kg

  • 2 × 1,1 kg2,3 kg

Eau900 g

  • 2 × 450 g900 g

Vêtements3,7 kg

  • 2 × 320 g640 g
  • 2 × 380 g760 g
  • 2 × 350 g700 g
  • 2 × 380 g760 g
  • 2 × 200 g400 g
  • 2 × 150 g300 g
  • 2 × 50 g100 g

Sécurité et santé3,3 kg

  • 2 × 220 g440 g
  • 280 g
  • 2 × 80 g160 g
  • 2 × 220 g440 g
  • 2 × 700 g1,4 kg
  • 2 × 270 g540 g

Orientation et énergie900 g

  • 2 × 170 g340 g
  • 160 g
  • 2 × 200 g400 g
  • 70 g

Divers30 g

  • 30 g
  • 2 × 40 g80 g

Porté sur soihors sac

  • 2 × 2,0 kg4,0 kg
  • 2 × 450 g900 g
  • × 2—
  • × 2—

Consommables calculés5,9 kg

  • Eau au départ2,5 L par personne, à compléter aux points d'eau5 L5,0 kg
  • Vivres0,5 jour de nourriture sèche par personne, à 450 kcal pour 100 g440 g/pers.880 g

Mêmes règles que nos calculateurs : eau, calories et nourriture (porteur de référence de 70 kg). Affinez-les avec vos propres chiffres.

Poids de base, par personne5,5 kgléger
Consommables, par personne2,9 kgeau, vivres, gaz
Sac au départ, par personne8,5 kg12 % d'un porteur de 70 kg
Pour tout le groupe16,9 kg+ 4,9 kg porté sur soi

Poids repères : valeur médiane des fourchettes de nos listes de matériel ; pesez votre propre matériel. Le repère de 20 % du poids du porteur et les classes de poids de base (ultraléger sous 4,5 kg, léger sous 6,8 kg) sont ceux de notre calculateur de poids du sac. « Ajouter la liste à mon sac » envoie votre part (matériel commun divisé par le nombre de personnes) dans Mon sac, où vous cochez au fur et à mesure du rangement.

Le matériel, détaillé

Pourquoi chaque pièce compte, de l'indispensable au confort, et ce qu'il faut regarder en l'achetant :

IndispensableSac à dos de 30 à 40 litresSac et portage · repère 1,1 kg

Il faut y loger le trio de secours, les couches chaudes et la boisson isotherme sans rien accrocher dehors. Prenez un sac à fermeture simple, qui s'ouvre avec des gants.

Voir sur Amazon.frNotre guide : comment choisir
IndispensableRaquettes à neigePorté sur soi · repère 2,0 kg

Prenez la taille dont la charge maximale dépasse votre poids plus celui du sac. Cadre en aluminium, crampons sous le pied pour la neige dure, et une fixation que l'on règle avec des gants.

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IndispensableBâtons de randonnée à rondelles de neigePorté sur soi · repère 450 g

Des rondelles larges les empêchent de s'enfoncer ; un blocage à levier extérieur se règle sans retirer les gants. Ils équilibrent la marche en raquettes, surtout avec un sac chargé.

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IndispensableChaussures de randonnée hautes et imperméablesPorté sur soi

Une tige haute, un maintien rigide et une semelle crantée tiennent la fixation des raquettes ; des baskets laissent entrer la neige et le froid. Essayez-les avec la fixation, avec vos chaussettes d'hiver.

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IndispensableDoudoune pour les pausesVêtements · repère 350 g

On l'enfile à l'arrêt, avant d'avoir froid, et on l'enlève à la reprise : en hiver, on transpire en montée et on se refroidit à la pause. Le duvet isole bien mais craint l'eau ; le synthétique isole encore humide.

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IndispensableLunettes de soleil et crème solaireSécurité et santé · repère 220 g

La neige renvoie la lumière : sans lunettes de catégorie 3 ou 4 et sans crème, on revient avec les yeux qui brûlent et le visage rouge, même par temps couvert. Le stick pour les lèvres se range dans la poche.

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IndispensableBouteille isotherme (boisson chaude)Eau · repère 450 g

Une boisson chaude en route réchauffe à la pause et sert en cas d'attente. Un col large facilite le remplissage, un bouchon-gobelet évite le sac à gobelet.

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IndispensableLampe frontale et piles de rechangeOrientation et énergie · repère 170 g

Le soleil se couche tôt et un retour qui s'allonge se fait à la frontale. Le froid réduit l'autonomie : gardez la lampe et les piles de rechange dans une poche intérieure.

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IndispensableCarte papier au 1:25 000 et boussoleOrientation et énergie · repère 160 g

En blanc total, ni relief ni trace : une carte et une boussole ne tombent pas en panne de batterie. Apprenez à vous en servir avant d'en avoir besoin.

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IndispensableDétecteur de victimes d'avalanche (DVA)Sécurité et santé · repère 220 g

Un détecteur à trois antennes, porté contre le corps sous les couches, jamais dans le sac. Il ne vaut que si tout le groupe est équipé, formé et s'est entraîné à la recherche.

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IndispensablePelle à neige à lame en aluminiumSécurité et santé · repère 700 g

Elle dégage une personne ensevelie ; au bivouac, elle aplanit l'emplacement et creuse un abri contre le vent. Une lame en aluminium résiste à la neige tassée, le plastique se fend au froid.

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IndispensableSonde à avalancheSécurité et santé · repère 270 g

Elle confirme la position et la profondeur d'une personne ensevelie. Les longueurs courantes vont de 240 à 320 cm ; un verrouillage à câble se déploie en quelques secondes, avec des gants.

Voir sur Amazon.frNotre guide : comment choisir

Liens d'affiliation, sans surcoût pour vous. Recherches par caractéristiques, pas des recommandations de modèles ; les prix varient selon la saison.

La journée type

  1. 7 h 30
    Bulletin et contrôle

    Relisez le bulletin du matin et la prévision, décidez en groupe de l'itinéraire et du point de demi-tour. Au parking, chaque détecteur est allumé, vérifié en émission puis en recherche, porté contre le corps sous les couches.

  2. 8 h 30
    Départ

    Commencez en couche légère, raquettes aux pieds, bâtons réglés. Gardez le groupe à portée de voix et notez l'heure du départ.

  3. 10 h
    Première pause

    À la lisière, pause couverte : doudoune, boisson chaude, regard sur le terrain. Qu'est-ce qui a changé depuis la carte ? Une corniche, une plaque de neige soufflée, un versant très chargé ?

  4. 11 h 30
    Le dernier point avant le sommet

    Dernier moment pour renoncer sans regret : le vent s'est-il levé, la neige est-elle devenue lourde, le groupe est-il fatigué ? On monte seulement si tout est d'accord ; sinon, on s'arrête là et on profite de la vue.

  5. 12 h 30
    Sommet et pique-nique

    Pique-nique rapide, à l'abri du vent, doudoune enfilée. Ne vous éternisez pas : le froid saisit vite à 2 000 m, et l'après-midi la neige se réchauffe.

  6. 13 h 30
    Descente par la trace montée

    On redescend par la trace qu'on a ouverte, pas par une pente plus directe. En raquettes, la descente se fait à petits pas, bâtons en appui.

  7. 15 h 30
    Au parking

    Coupez les détecteurs seulement une fois au parking, séchez les raquettes et changez de vêtements. Prévenez votre proche de votre retour.

Sécurité

L'avalanche, le danger principal
Les avalanches de plaque se déclenchent généralement sur des pentes de 30° à 45° d'après les sources spécialisées, et le plus souvent sous le poids d'une personne. On lit le bulletin la veille, on choisit l'itinéraire en conséquence, on garde un point de demi-tour, et on renonce quand le niveau est élevé ou quand on doute.
Un matériel qui ne sauve qu'avec formation
Le détecteur, la pelle et la sonde servent à retrouver et dégager une personne ensevelie : ils n'empêchent rien. Leur usage s'apprend et se répète ; on contrôle son détecteur au départ, on le porte contre le corps et non dans le sac (choisir une sonde).
Le froid et le vent des crêtes
À 2 000 m, la température ressentie chute avec le vent : en moyenne 0,65 °C de moins par 100 m, et bien plus avec le vent. Gardez bonnet, gants secs et doudoune accessibles, et repliez-vous à l'abri dès que le groupe se refroidit (hypothermie quand le corps passe sous 35 °C).
Corniches et brouillard
Sur une crête, la neige soufflée forme des corniches qui avancent au-dessus du vide : ne vous en approchez pas, restez nettement en retrait du bord. Dans le brouillard, on ne tente pas de trouver le sommet à tout prix ; on redescend par la trace.
L'heure de demi-tour
Fixez-la avant de partir et tenez-la : une heure de retard à la montée est une heure de neige qui se réchauffe et de lumière qui baisse à la descente.
112

En cas d'accident, appelez le 112, numéro d'urgence européen, joignable depuis un portable même sur le réseau d'un autre opérateur ; en France, le 15, le 18 et le 17 répondent aussi. Dites qui vous êtes, ce qui s'est passé et où vous êtes (ce qu'il faut dire).

Avant de partir : prévenez un proche de l'itinéraire, des lieux de bivouac et de l'heure de retour, et dites-lui quand donner l'alerte ; consultez la prévision de Météo-France la veille et le matin (où la trouver) ; chargez téléphone et batterie. En montagne, les secours sont assurés par les pelotons de gendarmerie de haute montagne (PGHM) et les CRS de montagne.

Réglementation : où dormir, où cuisiner

La randonnée en raquettes en dehors d'un itinéraire balisé ne suppose pas de règle particulière de passage, mais il faut vérifier les restrictions locales : zones de quiétude pour la faune en hiver, arrêtés de protection, cœur des parcs nationaux où les chiens sont interdits ou tenus en laisse. Le bulletin d'estimation du risque d'avalanche de Météo-France est « valable en dehors des pistes balisées et ouvertes » : il s'adresse directement à cette sortie. Les secours en montagne sont assurés par les pelotons de gendarmerie de haute montagne et les CRS de montagne.

Les sites officiels, qui font foi :

Les règles changent selon le parc, la commune, la saison et les arrêtés de risque d'incendie : relisez la source officielle avant chaque départ. Toutes nos fiches : bivouac par parc et par massif, camping sauvage pays par pays ; peut-on faire du feu en bivouac ?

Conseils

Ne pas partir seul
Le trio de secours ne vaut que par le groupe : un partenaire équipé et formé est la première sécurité. Seul, on choisit un itinéraire balisé et on le dit à un proche.
S'entraîner avant d'en avoir besoin
Une fois par saison, enterrez un détecteur et retrouvez-le en terrain plat, sans pression. Le geste doit être rapide, et le matériel doit être aussi familier que vos bâtons.
Descendre à l'heure
Un sommet atteint trop tard est un sommet de trop : la lumière manque et la neige se réchauffe. Gardez la marge pour la descente.

À lire avant de partir

Sortie type rédigée d'après les recommandations de la FFRandonnée, de Météo-France et des parcs nationaux, sans itinéraire précis : adaptez-la à votre terrain, à votre forme et à la météo du jour. Aucun itinéraire n'est sûr par nature. Les liens « Voir sur Amazon » sont des recherches par caractéristiques, pas des recommandations de modèles ; liens d'affiliation, sans surcoût pour vous.

À lire aussi

Questions fréquentes

Le bulletin d'avalanche est-il obligatoire à lire ?

Il n'y a pas d'obligation légale, mais c'est le premier outil de décision : Météo-France publie chaque jour un bulletin par massif, valable hors pistes balisées et ouvertes, sur une échelle de 1 à 5. Lisez-le la veille et le matin, avec son texte détaillé.

Un sommet arrondi est-il sans danger d'avalanche ?

Non : même une croupe douce se rejoint par des pentes qui peuvent partir, et des pentes plus raides la dominent parfois. Le repère courant de l'ANENA est l'inclinaison de 30° ; on la repère sur la carte, mais le bulletin et la formation sont indispensables.

Peut-on s'équiper d'un DVA sans formation ?

On peut l'acheter, mais il ne sert à rien sans entraînement : la recherche, le sondage et le dégagement demandent des gestes appris et répétés. Un stage encadré par un professionnel de la montagne est fortement recommandé avant la première sortie.

Que faire si le bulletin annonce un niveau 4 ?

On renonce au terrain concerné et l'on choisit un itinéraire balisé et sans pente ou une activité différente. Un niveau élevé n'est pas un défi : c'est une raison de rester prudent, même avec le matériel et la formation.