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Combien de gaz emporter pour un trek ou un bivouac

Combien de gaz emporter pour un trek ? Cet outil estime les grammes de gaz et le nombre de cartouches de 100, 230 ou 450 g d'après l'eau à chauffer, la température, l'altitude et le type de réchaud. Résultat en ordre de grandeur, avec une marge de 20 %.

pers.
jours
L

Un repas déshydraté demande en général 0,3 à 0,5 L d'eau chaude, une boisson chaude 0,25 à 0,3 L : un repas et deux boissons font environ 1 L.

°C
m

Comment l'outil calcule la consommation

Les fiches techniques des fabricants de réchauds donnent surtout un temps d'ébullition pour 0,5 ou 1 L, relevé dans des conditions favorables, plus rarement une autonomie par cartouche. Elles ne disent rien de votre vent, de votre eau glacée ni de votre altitude. L'outil recalcule donc la consommation à partir de la physique, puis la majore par des repères d'usage.

L'énergie nécessaire est celle qui chauffe l'eau : la chaleur massique de l'eau liquide est d'environ 4,184 kJ par kilo et par degré, et la fusion de la glace demande 333,55 kJ par kilo (valeurs de l'article « Properties of water » de Wikipédia en anglais). Le gaz de camping est un mélange de butane, d'isobutane et de propane dont le pouvoir calorifique courant est de 46,1 MJ par kilo (article « Liquefied petroleum gas » de la même encyclopédie). En théorie, porter 1 L d'eau de 15 °C à 100 °C ne demande donc qu'environ 8 g de gaz, si toute la chaleur allait dans l'eau.

Dans la réalité, une grande partie de la chaleur s'échappe. L'outil applique un rendement de 60 % à un système intégré à échangeur, de 40 % à un réchaud ouvert protégé du vent, de 28 % à un réchaud ouvert sans pare-vent. Ce sont des hypothèses d'ordre de grandeur, pas des mesures : un réchaud donné peut faire mieux ou moins bien. S'y ajoutent 10 % pour l'allumage, le préchauffage et les cuissons à petit feu. L'ébullition tient compte de l'altitude : l'eau bout environ 1 °C plus bas tous les 300 m, donc vers 95 °C à 1 500 m.

Repères : grammes de gaz pour 1 litre d'eau

Valeurs calculées par l'outil au niveau de la mer, avant les 10 % de cuisson, le froid et la marge de sécurité.

RéchaudEau à 5 °CEau à 15 °CNeige à fondre
Système intégré à échangeur (rendement retenu : 60 %)14 g13 g27 g
Réchaud ouvert avec pare-vent (40 %)22 g19 g41 g
Réchaud ouvert sans pare-vent (28 %)31 g28 g58 g

La neige double à peu près la consommation, parce qu'il faut d'abord la fondre avant de chauffer l'eau obtenue. Dans un camp d'hiver, c'est le poste qui fait basculer le calcul : à 4 personnes et 2 L chacune, il s'agit de 8 L de neige à fondre.

Côté froid, l'outil majore la consommation de 5 % entre 0 et 5 °C, de 15 % entre −5 et 0 °C, de 30 % entre −10 et −5 °C, de 50 % au-dessous. À partir de 2 500 m, il ajoute 10 % (20 % à partir de 3 500 m) pour le vent et les cuissons plus longues. Ce sont des repères de prudence, non des lois. La raison du froid est physique : l'isobutane bout à −11,8 °C, le butane vers 0 °C, le propane à −42 °C. Quand la cartouche descend sous ces températures, le liquide ne se vaporise plus bien et le réchaud s'essouffle.

Erreurs fréquentes avec le gaz

Calculer sur l'eau des repas seulement
Le café du matin, la boisson chaude du soir et l'eau de la vaisselle représentent souvent autant que les repas. Comptez toute l'eau chauffée, pas seulement celle des sachets.
Ignorer la fonte de la neige
En hiver, remplir la casserole de neige fait doubler la consommation. L'outil la compte si vous cochez la case ; un oubli se paie au deuxième soir.
Vider la cartouche jusqu'au bout
Une cartouche presque vide perd en pression et le réchaud faiblit, surtout au froid. D'où la marge de 20 % : emportez une cartouche de plus qu'il n'en faut sur un trek de plusieurs jours.
Enfermer la cartouche dans un pare-vent
Un pare-vent qui entoure la cartouche la fait chauffer et peut la faire éclater : les fabricants le déconseillent. Protégez la casserole et le brûleur, pas la cartouche. Ne cuisinez jamais à l'intérieur d'une tente : risque d'incendie et de monoxyde de carbone.

Limites et pour aller plus loin

Les cartouches à visser sont proposées en 100, 230 et 450 g de gaz ; le raccord suit la norme EN 417 (valve à visser). Avant de partir, vérifiez que votre réchaud accepte ce raccord. Pour comparer les types d'appareils, voyez le guide du réchaud à cartouche, celui des systèmes de cuisson intégrés ou, pour le grand froid, le réchaud multicombustible.

Le calcul suppose un réchaud en bon état, des cartouches pleines au départ et une eau portée à ébullition franche. Il ne remplace ni l'essai à la maison (pesez la cartouche avant et après une cuisson type) ni la prudence : au-dessus de 3 000 m ou en dessous de −10 °C, ajoutez une cartouche de réserve. Le poids du gaz entre dans le total de l'outil de poids du sac.

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Questions fréquentes

Combien de gaz faut-il par personne et par jour ?

Pour un repas déshydraté et deux boissons chaudes, soit environ 1 L d'eau chauffée, comptez de 15 à 30 g de gaz selon le réchaud et le temps. Un système intégré à échangeur reste dans le bas de la fourchette, un réchaud ouvert sans pare-vent dans le haut.

Quelle cartouche choisir : 100, 230 ou 450 g ?

Pour une nuit à deux, une cartouche de 100 g suffit en général ; dès deux ou trois jours, la cartouche de 230 g convient mieux. La 450 g sert aux groupes et aux camps d'hiver où l'on fond de la neige.

Le gaz de camping fonctionne-t-il par grand froid ?

Il se vaporise mal sous 0 °C pour le butane et sous environ −12 °C pour l'isobutane, car ces gaz bouillent à ces températures. Un mélange riche en propane tient mieux ; garder la cartouche au chaud avant usage aide aussi.

L'altitude augmente-t-elle la consommation de gaz ?

Pas par elle-même : l'eau bout plus bas, vers 95 °C à 1 500 m, et demande un peu moins d'énergie. Ce sont le froid, le vent et les cuissons plus longues qui font grimper la consommation, d'où la majoration de l'outil au-dessus de 2 500 m.

Peut-on cuisiner dans la tente avec un réchaud à gaz ?

Non : le risque d'incendie est réel et la combustion produit du monoxyde de carbone, un gaz inodore et toxique en espace confiné. Cuisinez à l'abri du vent mais à l'air libre, par exemple dans l'abside bien ouverte ou à l'entrée.

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